Running et écologie : quelles sont les marques qui font de vrais efforts ?

La course à pied est le sport nature par essence. Pratiqué en plein air, sur les chemins forestiers, les sentiers côtiers ou à flanc de montagne, il invite au grand air et à la contemplation des grands espaces. Il nécessite peu d’équipement et pas d’infrastructure, la nature étant son terrain de jeu à la fois ludique et diversifié. Un maillot, un short, une paire de baskets, un sentier, une forêt, et vous voilà prêt pour la vie de trailer… Vraiment ?

C’est en tout cas l’idée que l’on se fait de cette discipline sportive vue de l’extérieur ou lorsqu’on la débute. Avec la pratique, parfois l’addiction qui découle de celle-ci, on se rend compte que la réalité est toute autre. Investir dans 2 ou 3 autres vêtements chauds pour les sorties l’hiver peut s’avérer utile pour éviter les pneumonies. Tout comme adapter les chaussures aux terrains pratiqués, et donc investir dans des modèles idoines (route, chemin, montagne). Qu’il faudra bien sûr changer régulièrement, à cause de l’usure ou pour prévenir les blessures…Pas très écolo tout ça finalement !

La course à pied étant en plein essor, les déchets liés à la discipline viennent grossir la taille de nos poubelles. Et de nos scrupules de sportifs. La question qui se pose aujourd’hui : que fait-on de toutes ces paires de chaussures de running usagées ? Les consciences s’éveillent et viennent titiller les stratégies marketing des grandes marques en matière environnementale. Le greenwashing a-t-il vécu, paix à son âme ?

On fait le point sur les initiatives.

Les chaussures de running ne sont pas éternelles

Déchets de chaussures de running

Jusqu’à preuve du contraire, les chaussures de running ne sont pas fabriquées en diamants, elles ne sont donc pas éternelles. À bien y réfléchir, les traitements que vous leur imposez lors de vos sorties sont sans pitié :

  • le poids de votre corps
  • les foulées appuyées
  • des sauts répétés
  • les terrains durs ou instables

Leur usure est donc inévitable à plus ou moins brève échéance. Même si cela est difficile à quantifier, on estime que l’amorti décline de manière significative même après seulement 80 km de course.

Au regard de la diversité des paramètres, la durée de vie d’une chaussure de running s’exprime en nombre de km plutôt qu’en temps. On estime que la durée de vie d’une chaussure de bonne qualité peut aller jusqu’à 1 000 km voir au-delà. Cela représente un an pour deux sorties de 10 km hebdomadaires, 6 mois pour quatre sorties. Pour des modèles entrée/moyenne gamme, conçus à partir de matériaux moins techniques, on tombe à 500 km voire moins, soit une durée de vie divisée par deux.

Plus on court, plus on use ses chaussures, plus on les change et moins on est écolo. C’est mathématique ! À raison de une à trois paires par coureur chaque année, cela commence à faire pas mal de déchets potentiels.

L’empreinte carbone, on en parle ?

Usine production de chaussures

Avec 34 millions de paires produites par jour, l’industrie des chaussures de sport est florissante. C’est un très bon business pour les grandes marques, qui voient leurs chiffres d’affaires progresser d’année en année. Du côté de la planète, on est moins à la fête.

En effet, l’empreinte carbone annuelle du secteur est estimée à 174 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent de près d’un quart des émissions annuelles d’un pays comme la France. Cela représente 451 000 allers-retours Paris-New York quotidiens en avion !

Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) a mené en 2012 une solide étude sur l’impact environnemental des chaussures de course. Les chercheurs ont analysé le cycle de vie (ACV) d’une paire de baskets standard. Ils ont conclu à une émission carbone de 14 kg équivalent CO2. Comme le pointe The Guardian, cela reviendrait à laisser une ampoule de 100W allumée pendant toute une semaine. Cette étude date certes un peu mais fait toujours référence aujourd’hui.

Voyons le découpage de ce cycle de vie plus en détail.

Extraction des matériaux (4 kg eq CO2)

On entend par là la culture des matières premières naturelles, et la création des matières synthétiques qui serviront à fabriquer les chaussures. Une paire de baskets peut en compter jusqu’à 26 en fonction des modèles.

Ces matériaux sont en grande partie dérivés du pétrole (nylon, polyester, polyuréthane, EVA, TPU), donc par nature peu respectueux de l’environnement et sources futures de pollution plastique. La fibre de carbone présente sur certaines chaussures n’arrange pas les choses.

Le polyuréthane et le polyester sont les 2 principales matières impactantes d’un point de vue empreinte carbone, du fait de la quantité d’énergie nécessaire à leur traitement.

Processus de production (9,5 kg eq CO2)

Production fil de nylon usine

Le processus de fabrication représente les deux tiers de l’empreinte carbone d’une chaussure de running. La production nécessite de nombreuses opérations :

  • découpe de la tige
  • couture de la tige
  • pressage de la semelle intermédiaire
  • pressage de la semelle extérieure
  • moulage par injection
  • collage
  • assemblage

La plupart de ces processus sont effectués en Asie, dans des usines situées en Chine ou en Asie du Sud Est (Taiwan, Vietnam), et fonctionnant majoritairement au charbon. L’énergie utilisée est donc la raison principale de l’impact carbone si important de ce cycle de production.

Logistique (0,2 kg)

Étonnamment, la logistique ne représente qu’une faible part de l’empreinte carbone d’une chaussure de running. Le transport est pourtant présent à toutes les étapes du cycle de vie :

  • acheminement des matières premières vers les usines
  • transport des produits finis vers les pays de distribution
  • distribution vers les clients finaux 

Les émissions proviennent du carburant utilisé pour transporter le produit fini des usines en Asie vers les pays occidentaux où ils sont vendus. Le moyen privilégié reste le transport maritime, qui permet à la fois des économies d’échelle et une réduction significative de l’empreinte carbone comparativement à l’avion (utilisé en cas d’extrême urgence uniquement), et même au camion. 

Utilisation et fin de vie (0,3 kg)

Déchetterie géante recyclage

Les seules émissions de carbone durant la phase d’utilisation des chaussures sont causées par leur éventuel lavage en machine (pas vraiment recommandé).

Il reste ensuite l’épineuse question de la fin de vie après plusieurs mois, rarement années, de bons et loyaux services. Aujourd’hui, on estime que plus de 80 % des chaussures usagées finissent à la décharge avec le tout venant ou sont incinérées. Ces 2 options sont loin d’être optimales et consistent à choisir entre l’enfouissement des plastiques, ou la libération de produits chimiques nocifs. La peste ou le choléra. Le choix est moralement difficile à soutenir.

L’ère de l’ultra consommation

Mere fille éoliennes écologie

Les coureurs mexicains Tarahumaras ou Rarámuris courent en sandales “huaraches”. Oui, vous avez bien lu, en sandales ! Ces chaussures composées d’une fine semelle en gomme rattachée à des lacets en cuir permettent à ces coureurs peu orthodoxes de parcourir de très longues distances sans se fatiguer, et surtout sans se blesser. Tout cela sans s’astreindre à aucun entraînement particulier. Leur fabrication traditionnelle, restée identique au fil des siècles, utilise très peu d’énergie. Enfin, last but not least, ces chaussures sont facilement réparables.

Pendant ce temps, dans le monde occidental, les coureurs changent de chaussures comme de chemises au gré des saisons, des terrains, des collections et des innovations. Parce que l’amorti super sophistiqué est un peu moins doux au bout de quelques centaines de kilomètres. Pour remplacer la semelle extérieure dont le caoutchouc est usé. Parce que les quelques crampons ont perdu quelques millimètres. Parce que la tendance est au vert fluo cette année.

Un rythme de production effréné

Magasin Nike

L’offre commerciale de chaussures de running est aujourd’hui pléthorique. Les équipementiers ont emprunté les codes de la fast fashion pour créer du désir, de l’attente, des besoins qui existent certainement mais dont l’assouvissement pourrait être reporté. D’objet utilitaire, la chaussure de running est devenue un accessoire de mode, un must have de son placard de runner et tant pis si celui-ci déborde déjà de modèles plus ou moins usagés. À la manière des collections de la mode rapide, les baskets se périment très rapidement dans l’esprit des coureurs, remplacées par des spécimens toujours plus innovants, toujours plus beaux, toujours plus performants. C’est l’ère de l’ultra consommation. Et du business aussi, ne nous voilons pas la face.

L’impact sur l’environnement est sévère, et on ne peut plus fermer les yeux aujourd’hui. Les déchets s’amoncellent, à ne plus savoir qu’en faire. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent donc pour inciter à changer nos pratiques.

Le gaspillage des invendus

C’est un secret de polichinelle et il n’est pas limité aux chaussures de running : les entreprises préfèrent souvent détruire leurs invendus plutôt que de s’en débarrasser à un prix dérisoire au risque d’écorner leur image de marque.

Ce phénomène concerne le monde des chaussures de course où il est coutume de sortir une nouvelle version chaque année. Nike Pegasus 37 en 2020, 38 en 2021, 39 en 2022 et ainsi de suite. Même pour les modèles qui existent depuis de nombreuses années (comme la Hoka Speedgoat 4), de nouvelles couleurs sont régulièrement disponibles pour garder l’attention des consommateurs.

Heureusement, une loi anti-gaspillage entre en vigueur au 1er janvier 2022. Celle-ci interdit la destruction des invendus non-alimentaires. Reste à voir l’impact sur le comportement des entreprises de running, souvent globalisées.

La neutralité carbone, un objectif (trop) lointain

Forêt amazonienne neutralité carbone

Aujourd’hui, les marques de chaussures de sport ne peuvent plus ignorer les impacts négatifs de leur production sur l’environnement. Il leur revient de répondre à cette double injonction de leurs clients runners : continuer à produire en masse pour répondre à leur demande croissante d’équipement, mais de façon durable et éco-responsable pour satisfaire leur conscience environnementale.

Comment limiter et/ou réduire ses émissions carbone tout en poursuivant sa croissance ? L’une des réponses à ce casse-tête est la neutralité carbone.

Qu’entend-on par neutralité carbone ?

Selon la définition du Parlement Européen, la neutralité carbone, c’est « l’équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption du carbone de l’atmosphère par les puits de carbone ».

Autrement dit, l’idée de la neutralité carbone est qu’il est possible pour une organisation de continuer à produire en masse, et donc d’émettre des gaz à effet de serre, à partir du moment où elle compense par des puits de carbone naturels qui absorbent le CO2 dans l’air. La finalité : limiter le réchauffement climatique de la planète.

Ces puits de carbone naturels que sont les sols, les forêts et les océans ont cependant leurs limites. Selon les estimations, ils ne peuvent éliminer qu’un quart environ de nos émissions mondiales annuelles de CO2 (9.5 à 11 gigatonnes absorbées sur 38 émises en 2019). Il est donc indispensable pour les entreprises d’adopter des mesures de réduction drastiques de leurs émissions de carbone.

Voici quelques solutions génériques :

  • Diminuer (idéalement arrêter) sa consommation de produits carnés et laitiers
  • Diminuer sa consommation d’énergie
  • Choisir un fournisseur d’énergie renouvelable
  • Produire sa propre électricité grâce à l’installation de panneaux solaires
  • Réduire sa consommation d’eau
  • Privilégier les modes de transport les moins émetteurs
  • Favoriser le télétravail
  • Acheter local
  • Participer à des programmes de reforestation et/ou d’agroforesterie

La liste est longue.

Le chemin vers la neutralité carbone s’apparente pour l’instant à une ascension de l’Everest entreprise par des marques qui seraient équipées comme pour aller gravir le Puy de Sancy. Elles savent qu’elles n’ont pas le choix, que la décarbonisation de l’industrie n’est pas une option mais une absolue nécessité, et qu’elle va impliquer des ajustements majeurs dans leur stratégie de développement.

Les engagements des marques pour la neutralité carbone

Recyclage laine production
Source et crédit photo : Patagonia. Un ouvrier humidifie de la laine recyclé en préparation de son utilisation.

Du côté de l’industrie des chaussures de running, les marques emboîtent le pas de la neutralité carbone avec plus ou moins de conviction. Certaines sont très engagées depuis de longues années, d’autres suivent plutôt le mouvement, en faisant le minimum syndical.

Suite à l’adoption de la loi européenne sur le climat de juin 2021, tous les pays européens se sont engagés à la neutralité carbone d’ici 2050. Comment se situent les marques et marchands de chaussures de sport par rapport à cet engagement lointain ?

Les marques précurseuses déjà neutres en carbone

Allbirds

C’est l’une des marques les plus engagées et en avance sur son temps. Le respect de l’environnement est inscrit dans son ADN depuis sa création en 2016. La neutralité carbone est pour elle une réalité depuis 2019. Son ambition est d’atteindre le net zéro à horizon 2025, soit un engagement à ne plus émettre du tout de CO2. La stratégie pour y arriver s’appuie sur son programme Flight Plan Allbirds : l’agriculture régénératrice, les matériaux renouvelables, la consommation responsable de l’énergie.

Hardloop.fr

Ce site marchand de l’outdoor a atteint la neutralité carbone en 2021, avec un effet rétroactif jusqu’en 2015 grâce aux compensations effectuées. Une stratégie en 3 temps a permis d’atteindre cette neutralité : un bilan carbone pour mesurer son empreinte; une réduction de ses émissions grâce à des initiatives positives (déplacements à vélo, choix d’une énergie verte, recyclage ou réutilisation des cartons, généralisation du télétravail, produits éco-conçus); une compensation des émissions (projets de recyclage et plantation d’arbres).

Les marques engagées

  • Patagonia vise à être neutre en carbone d’ici 2025. Parmi les mesures prises pour y parvenir : utilisation d’électricité renouvelable, utilisation de matériaux renouvelables ou recyclés, réduction de la consommation d’énergie, développement du programme Worn Wear ( (réutilisation, réparation, recyclage).
  • Brooks va développer une stratégie de réduction significative de ses émissions de carbone jusqu’en 2030, avec un objectif de neutralité nette en 2040. Le pilier de cette stratégie est sa chaussure Ghost, neutre en carbone.
  • Asics s’engage à la neutralité carbone pour 2050, en s’appuyant notamment sur sa technologie de teinture Dye pour réduire de 45% ses émissions de carbone à partir de 2020 et de 33% sa consommation d’eau par rapport aux procédés de teinture conventionnels.

Les marques “peut mieux faire”

Hoka, Saucony, Adidas et Nike sont quelques-unes des marques qui ne se sont pas engagées officiellement sur la neutralité carbone. Cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas pris en considération les enjeux environnementaux mais leur communication sur le sujet met principalement en avant leurs produits écoresponsables. Par exemple, Nike propose désormais une version ‘Nature’ de son Alphafly avec 50% de produits recyclés (par le poids).

L’éveil des consciences des marques

Au-delà de leurs engagements réels ou supposés sur la neutralité carbone, les marques ont désormais compris qu’elles devaient dans tous les cas suivre la voie de l’écoresponsabilité. Pour la sauvegarde à la fois de la planète et de leurs clients.

Forts de leur conscience environnementale grandissante, les coureurs sont en effet en demande de produits conçus plus durablement, dans le respect de la nature et de ses habitants au sens large. Les marques sont donc incitées à revoir leurs pratiques et à prendre des initiatives en ce sens pour satisfaire leurs clients.

L’écoresponsabilité est une bataille pouvant être menée sur différents fronts. À chacun(e) son ou ses combat(s).

Les chaussures vegan ou le respect des animaux

Vaches respect des animaux

Les chaussures vegan ou végétaliennes sont en plein essor depuis quelques années, que ce soit pour l’habillement ou la pratique sportive. Les matériaux synthétiques innovants se substituent aux matières d’origine animale comme le cuir ou la laine dans un esprit égal de performance.

Voici un petit tour d’horizon des marques engagées dans la démarche végétalienne.

  • Veja est une marque française précurseuse dans le domaine des baskets écologiques. Elle n’a pas banni le cuir de ses fabrications de sneakers, mais elle limite leur impact environnemental en utilisant le tannage végétal. En 2019, elle se lance dans la chaussure de running avec un modèle 100% vegan, composé à 57% de matières bio-sourcé/recyclées. Elle en est à son 3ème modèle aujourd’hui (Condor, Condor 2, Marlin).
  • Brooks et Mizuno ont imposé le véganisme à 100% de leurs modèles.
  • Merrell propose des chaussures végétaliennes femme et homme , fabriquées à partir de matériaux 100% synthétiques de première qualité.
  • Nike, Asics, Adidas, ou encore Saucony proposent quelques modèles intéressants, dont les performances n’ont rien à envier à celles des modèles non vegan.
  • Hoka est un peu à la traîne, ne proposant que des empeignes vegan.

Aujourd’hui, toutes les marques possèdent un ou des modèles vegan dans leurs gammes. Il y a donc l’embarras du choix pour les coureurs souhaitant pratiquer leur discipline tout en étant sûrs qu’aucun animal n’a été tué ou maltraité pour la fabrication de leurs chaussures.

Les chaussures végétaliennes grignotent petit à petit l’espace sur le marché de la chaussure de running, et les marques leaders s’en servent comme fer de lance de leur stratégie green. C’est cependant un argument à double tranchant, les matières synthétiques innovantes utilisées à la place des colles ou matières animales n’étant pas toujours très bonnes pour l’environnement.

Les marques socialement responsables ou le respect des humains

Usine production patagonia
Crédit photo : Patagonia

Dans les années 1990, Nike se faisait vilipender par les consommateurs du monde entier pour ses pratiques de sous-traitance douteuses en Asie. Le monde découvrait à cette occasion toutes les horreurs et les limites d’une industrie délocalisée à l’autre bout de la planète, peu soucieuse des conditions de travail de ses employés, aux confins de l’esclavagisme. Salaires de misère, horaires à rallonge, exploitation des femmes, travail des enfants : le back office de la fabrication des chaussures de sport était en effet peu reluisant.

Depuis, des voix se sont élevées pour réclamer plus de transparence sur la chaîne d’approvisionnement de l’industrie de la chaussure. Pas évident lorsque les donneurs d’ordre occidentaux se trouvent à des milliers de kilomètres des lieux de fabrication de leurs produits.

Certaines marques soucieuses de leur image déploient cependant des efforts particuliers pour offrir de bonnes conditions de travail à leurs employés et établir des partenariats plus justes avec leurs sous-traitants.

À ce titre, Patagonia montre l’exemple depuis de longues années. La politique RSE mise en place garantit à ses quelques 2000 employés des conditions de travail agréables, flexibles et équitables. Du côté de la chaîne d’approvisionnement, la marque a implémenté un système de contrôle très strict de ses sous-traitants, ainsi qu’une politique d’accompagnement de ceux-ci dans leurs démarches liées aux ressources humaines (formation, rémunération).

La marque Veja est une autre de ces marques socialement responsables. Depuis sa création en 2005, elle produit ses sneakers au Brésil de façon éco-responsable selon les critères du commerce équitable. L’enseigne travaille ainsi directement avec les producteurs, sans intermédiaire, en leur garantissant des prix de marché durables pour leurs matériaux. Les producteurs sont ainsi rémunérés à leur juste valeur. Dans la même lignée, on trouve également Relance Running, une jeune pousse bretonne qui fait le pari d’une production éthique et locale 100% française.

Des produits plus respectueux dès leur conception

Brooks Ghost 14 neutralité carbone
Brooks Ghost 14 : la première chaussure de la marque à être neutre en carbone

Aujourd’hui, l’écoconception est essentiellement fondée sur l’utilisation de matières recyclées et/ou plus durables. Le polyester recyclé utilisé par de nombreuses marques nécessite jusqu’à 84 % moins d’énergie que la production du polyester vierge. De son côté, Adidas collecte le plastique des océans en partenariat avec l’association Parley for the Oceans pour fabriquer sa gamme Parley de chaussures de running. Un petit pas diront les uns, une goutte d’eau dans un océan de plastique penseront les autres.

Un grand pas dans l’écoconception serait l’utilisation d’énergies renouvelables à la place du charbon. Cela aurait un impact positif immédiat sur l’environnement. Patagonia (encore elle) utilise 100% d’énergie renouvelable dans ses opérations aux Etats-Unis, ce qui contribue à réduire considérablement son empreinte carbone.

Quant au recyclage, il reste difficile à mettre en place de façon efficace. Pour cela, il faudrait réduire le nombre de matériaux composant la chaussure. Avec 25 à 30 matières aujourd’hui, cela reste un challenge.

Comme vu précédemment, la phase de production est celle qui a le plus fort impact carbone du fait des énergies utilisées. Les concepteurs doivent donc intégrer une réflexion sur le cycle de vie total dès la conception de la chaussure à fabriquer, avec un focus sur sa fin de vie.

L’éveil des consciences des coureurs

trail running femme foret

C’est bien beau de demander aux marques d’être plus respectueuses, cela restera complètement inutile si les coureurs ne font pas un minimum d’efforts de leur côté également – charité bien ordonnée commence par soi-même !

L’entretien

Même si aucune chaussure de running n’est éternelle, quelques gestes simples à répéter régulièrement permettre d’allonger la durée de vie. Par exemple, un bon nettoyage peut aider à préserver le caoutchouc de la semelle et le tissu et les coutures de la tige.

La seconde main

Les initiatives se multiplient dans le domaine. Les sites de seconde main type Vinted regorgent d’offres de chaussures de running peu usagées (quelques km seulement), vendues pour des problèmes de taille ou d’erreur de casting. Ils permettent aux coureurs de s’équiper à prix raisonnable, de donner une seconde vie aux chaussures, et ainsi de retarder le moment où elles deviendront définitivement des déchets.

Le recyclage

Nous l’évoquions dans notre article consacré à la durée de vie des chaussures, l’entreprise RunCollect reprend vos chaussures à la retraite en échange de bons d’achat. Ensuite, ils les recyclent lorsque cela est possible ou les détruisent.

Les ressources pour vérifier l’écoresponsabilité des marques

Il existe désormais des outils 2.0 pour lutter contre le greenwashing et vérifier le degré réel d’écoresponsabilité des marques. Ces organismes de contrôle collectent et analysent un maximum d’informations sur leurs initiatives en matière de respect de l’environnement et des animaux. Les coureurs qui le souhaitent peuvent ainsi s’équiper en toute conscience.

Voici deux de ces applications téléchargeables sur votre smartphone :

En conclusion, les initiatives actuelles sont-elles à la hauteur des enjeux du réchauffement climatique ?

trail runner cap afrique du sud

On a vu que les marques avaient pris le sujet à bras les chaussures depuis quelques années, multipliant les projets qui vont dans le bon sens, celui d’un plus grand respect de l’environnement. Fabrication de chaussures vegan, écoconception, utilisation de matières recyclées ou durables : les initiatives sont nombreuses et il faut saluer les efforts des marques en la matière. 

Pour aller plus loin, il faudrait cependant passer à la vitesse supérieure. Réduire la part des chaussures de running produites en Asie dans des usines fonctionnant au charbon, au profit de régions plus proches dont les unités de production sont énergétiquement plus propres. Réduire tout court sa consommation. Et si, d’une manière générale, le moins était le mieux ?

Sources

Kevin Le Gall

Kevin est le créateur et éditeur de Chaussure Running. Il a débuté la course à pied en 2015 et couru son premier marathon à Rotterdam en 2016. Par ailleurs, il pratique et enseigne le yoga (diplômé de la formation 300h de Sivananda), ce qui se reflète dans son approche du running qui privilégie le bien-être à la performance.

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