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Retro Running (courir en arrière) : une bonne idée ?

Publié le : 19/09/2022

La pratique a de quoi faire sourire parmi les runners et les sportifs en général. Pourtant, le retro running, ou la course en arrière, a ses adeptes. À tel point que des championnats du monde sont organisés chaque année. Discipline très peu connue en France, cette pratique est souvent souvent d’incompréhensions, voire de moqueries. Cependant, elle aurait un certain nombre de bienfaits. Notamment sur le plan articulaire et neuro-musculaire. D’une manière générale, mettre la marche arrière permettrait de courir plus vite en avant !

À l’origine du retro running

Une pratique millénaire et présente partout dans le monde

Le retro running existe depuis des milliers d’années, notamment en Chine où les habitants alternent la marche en avant et la marche en arrière pour atteindre un équilibre idéal, tel le yin et le yang.

Le concept a été outre-atlantique par deux physiothérapistes de renom, les professeurs Gary Gray (1) et Barry Bates (2). Ils conduisent plusieurs études pendant les années 1980 et 1990 qui les amènent à intégrer le rétro running à leurs méthodes de rééducation globale. D’après leurs recherches, le rétro running est particulièrement efficace pour prévenir les blessures affectant la jambe, de la cheville jusqu’à la hanche en passant par les genoux. Mais également pour optimiser la récupération pendant la convalescence.

En effet, la pratique régulière de la course à pied en arrière développerait l’équilibre, la proprioception et l’activité neuro-musculaire.

Le retro running en France

Dans le même temps, Christian Grollé, dont le site internet n’est plus accessible, popularise cette pratique en France. Précurseur et spécialiste du rétro running, il défend l’idée que les sportifs devraient courir en arrière plus souvent pendant leurs entraînements. Et ce, afin d’améliorer leur technique de course à pied. Courir en arrière permettrait donc selon Christian Grollé de courir plus vite en avant.

Cependant, c’est Marc Lamouche qui développe le rétro running comme méthode d’entraînement afin d’améliorer les performances en course. Dans son ouvrage  » Course à Pied – Méthode d’entraînement par cycles » (3), il prône l’alternance de footing classique et de course en arrière. Cette alternance de direction fait selon lui de gagner en puissance et en vitesse, tout en brûlant 30% de calories en plus par rapport à des séances de courses classiques.

Avantages et inconvénients

Quels bénéfices pour un rétro runner ?

Le rétro running aurait plusieurs bienfaits :

  • prévenir les blessures et en guérir certaines
  • redresser la colonne vertébrale
  • gagner en puissance et en endurance
  • stimuler le système cardiovasculaire
  • brûler plus de calories

En effet, courir en arrière stimule les quadriceps différemment et permet de soulager les muscles propulseurs. L’un des gros avantages du rétro running est qu’il fait travailler les muscles de la cheville. L’équilibre s’en trouve renforcé, et la posture améliorée. En effet, le rétro running oblige le coureur à se redresser, les muscles du dos faisant contrepoids.

étirements avant la course

Les entraîneurs et professionnels du monde du sport restent septiques

Que de qualités pour cette discipline encore peu pratiquée. Cependant, beaucoup restent septiques quant à sa réelle efficacité sur le travail des muscles et ses conséquences sur les articulations. Notamment le coach de Pierre-Ambroise Bosse (4) qui s’inquiète de l’hyper extension du genou.

Comment intégrer le rétro running à sa pratique de course à pied ?

Technique

Le rétro running implique de tendre la jambe en poussant vers l’arrière. L’appui au sol se fera sur l’avant-pied.

Afin de garder l’équilibre, il est important de garder le dos droit. La tentation est grande de jeter un oeil derrière son épaule pour s’assurer de sa direction. Cependant, c’est à éviter pour ne pas imposer une torsion à vos cervicales. Faites plutôt confiance à votre vue périphérique.

retro running technique
© 3V

Quand, où et pour qui ?

Afin d’éviter tout accident, il est recommandé de pratiquer le rétro running sur une piste d’athlétisme, ou sur un terrain plat et dégagé. Il s’agit également d’un exercice à intégrer très progressivement dans sa pratique. Plutôt comme éducatif en fin d’échauffement ou comme exercice spécifique lors d’une séance de préparation physique généralisée (PPG).

Commencez par des lignes droites, à allure lente avant d’augmenter progressivement la vitesse et la distance.

Tout le monde peut faire du rétro running à l’échauffement. Et notamment en cas de foulée rasante ou ayant un appui plat du pied. Mais il est déconseillé pour les personnes ayant une blessure aux genoux ou aux ischios-jambiers.

marathonien courant à reculons

Conclusion : courir en arrière est-il une bonne idée ?

Tous s’accordent sur l’idée qu’il est intéressant de rajouter une courte phase de jogging en arrière à l’échauffement afin d’améliorer la proprioception et de solliciter les muscles de la cheville. En effet, cela permet de mettre l’accent sur le travail de la foulée. Un point important pour toutes les personnes souhaitant mettre en place une foulée en médio-pied.

Cependant, beaucoup estiment que nos articulations ne sont pas faites pour courir en arrière. Surtout sur de longues distances. Une chose est sûre, le rétro running n’a pas fini de diviser, ni de faire sourire.

Références

https://www.grayinstitute.com/

https://darkwing.uoregon.edu/~btbates/acad1.html

https://books.google.nl/books/about/Course_%C3%A0_pied_M%C3%A9thode_d_entrainement_p.html?id=fPa-DwAAQBAJ&redir_esc=y

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Ambroise_Bosse

Margaux Licciardi

Margaux Licciardi

Margaux est rédactrice web basée à Lyon. Elle a découvert la course à pied en 2013 pendant ses études, et n'a plus raccroché les baskets depuis. Elle a couru son premier marathon en 2017 à Paris. Depuis, elle varie les plaisirs en pratiquant différents sports outdoor tels que le trail, le vélo de route ou le triathlon.

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